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Les trois disparues de Springfield : une triple disparition qui défie toute explication
11 févr. 2026Cold Cases6 min de lecture

Les trois disparues de Springfield : une triple disparition qui défie toute explication

En 1992, trois femmes ont disparu d'un domicile de Springfield, Missouri, sans laisser la moindre trace. Aucun signe de lutte, aucune demande de rançon, aucun corps. Plus de trente ans après, l'affaire reste l'une des plus déroutantes des cold cases américains.

Le matin du 7 juin 1992, la ville de Springfield, Missouri, se réveillait face à un mystère qui allait hanter les enquêteurs pendant plus de trois décennies. Trois femmes avaient disparu d'un modeste pavillon de la rue East Delmar, laissant derrière elles presque tout ce qu'elles possédaient, y compris leurs voitures, leurs sacs à main, et tout espoir de résolution rapide.

Une soirée de fête

La soirée du 6 juin avait été joyeuse. Suzanne Streeter, 19 ans, et son amie Stacy McCall, 18 ans, venaient d'obtenir leur diplôme au lycée Kickapoo. Après avoir participé à plusieurs fêtes de remise des diplômes ce soir-là, les deux jeunes femmes décidèrent d'annuler leur projet initial de passer la nuit chez une amie et se rendirent à la place chez Suzanne, où sa mère Sherrill Levitt, 47 ans, les attendait.

Sherrill était une coiffeuse appréciée qui avait récemment divorcé. Elle vivait avec sa fille dans une petite maison confortable. Selon tous les témoignages, la mère et la fille rentrèrent chez elles sans encombre ce soir-là. La lumière du porche était allumée. La porte était fermée à clé. Tout semblait normal.

Le lendemain matin

Quand des amies tentèrent de joindre Stacy et Suzanne le lendemain matin, personne ne répondit au téléphone. En début d'après-midi, des amies inquiètes se rendirent à la maison de la rue Delmar pour prendre de leurs nouvelles. Ce qu'elles trouvèrent était troublant précisément parce que tout semblait ordinaire.

La porte d'entrée n'était pas verrouillée. Le chien de la famille, un petit Yorkshire Terrier nommé Cinnamon, était agité mais sain et sauf. Les sacs à main de Suzanne et de Sherrill se trouvaient sur le sol près de la porte, billets et cartes de crédit intacts. Les deux voitures de Sherrill étaient dans l'allée. Les lits semblaient avoir été utilisés. Un globe de lampe de porche brisé gisait en morceaux sur le sol près du perron.

Tout donnait à croire que les trois femmes s'étaient couchées et avaient ensuite simplement cessé d'exister.

Une scène de crime contaminée

Dans une erreur catastrophique qui allait compliquer l'enquête pendant des années, les amies qui pénétrèrent dans la maison n'appelèrent pas immédiatement la police. Elles ramassèrent plutôt les débris de verre du globe de porche, supposant qu'il avait été renversé par un chat. Elles répondirent aux appels téléphoniques. L'une d'elles effaça même un message sur le répondeur, prétextant plus tard qu'il s'agissait d'un appel « obscène » d'un inconnu.

Quand la police fut enfin contactée, plusieurs heures s'étaient écoulées. La scène de crime, si c'en était bien une, avait été irrémédiablement compromise. Les enquêteurs décriront plus tard cette contamination comme l'un des aspects les plus dommageables de toute l'affaire.

L'enquête

La police de Springfield traita d'abord la disparition comme volontaire. Trois adultes partant de leur propre chef, si inhabituel que cela puisse paraître, n'était pas impossible. Mais au fil des semaines, sans aucun contact, aucun retrait bancaire et aucune observation, la réalité s'imposa : quelque chose de terrible s'était produit dans cette maison.

Le globe de porche brisé devint la pièce à conviction la plus débattue. Était-ce un signal ? Une trace de lutte ? Un accident ? Le message effacé du répondeur hanterait les enquêteurs. Qu'avait-il contenu ? L'amie qui l'avait supprimé ne se souvenait jamais complètement de son contenu, évoquant seulement une voix « étrange » ou « menaçante ».

Les détectives suivirent des centaines de pistes. Ils enquêtèrent sur l'ex-mari de Sherrill, des criminels locaux, et même un pilleur de tombes nommé Robert Craig Cox, un kidnappeur condamné qui avait confié à des amis que les trois femmes « ne seraient jamais retrouvées ». Cox, dont l'alibi ne fut jamais pleinement vérifié, devint le suspect le plus en vue mais ne fut jamais inculpé.

La théorie du parking

En 2007, l'enquêtrice à la retraite Kathee Baird présenta une théorie qui captiva l'attention nationale. Elle pensait que les dépouilles des femmes pourraient être enfouies sous un parking du Cox Medical Center, construit peu après la disparition. Des relevés au géoradar produisirent des résultats ambigus, révélant des anomalies dans le béton qui pouvaient indiquer des restes humains ou simplement une construction irrégulière.

L'hôpital refusa d'autoriser des fouilles sans preuve plus probante. À ce jour, ce parking se dresse comme un monument à l'incertitude, ses fondations recelant peut-être la réponse au plus grand mystère de Springfield.

Suspects et théories

Au-delà de Robert Craig Cox, les enquêteurs se penchèrent sur plusieurs autres personnes d'intérêt. Deux hommes liés au trafic de drogue local furent scrutés après qu'un informateur en prison prétendit qu'ils avaient avoué le crime. Selon cette théorie, les hommes s'en seraient pris à Suzanne à cause d'une dette liée à la drogue, Sherrill et Stacy devenant des victimes collatérales.

Une autre théorie pointait vers un prédateur en série actif dans la région des Ozarks. Plusieurs femmes avaient disparu dans la région au début des années 1990, amenant certains à se demander si les trois de Springfield n'étaient pas victimes d'un schéma plutôt que d'un crime isolé.

Larry DeWayne Hall, un tueur en série ayant avoué de multiples enlèvements à travers le Midwest, fut également investigué. Hall était connu pour se déplacer dans la région de Springfield, mais aucun élément concret ne le reliait à la maison de la rue Delmar.

Ce qui rend cette affaire si obsédante

La plupart des disparitions laissent quelque chose derrière elles. Un témoin. Une transaction. Un corps. Les trois de Springfield n'ont rien laissé. Trois femmes ont disparu d'une maison fermée à clé dans un quartier densément peuplé, et aucun voisin n'a entendu le moindre bruit. Personne n'a vu de véhicule. Aucun élément médico-légal ne désignait un auteur spécifique.

L'absence d'éléments matériels suggère une préparation soigneuse par quelqu'un qui connaissait la maison et ses occupantes. Le fait que les trois femmes aient été emmenées simultanément, apparemment sans résistance, implique soit une arme, soit plusieurs auteurs. Les sacs à main et les voitures intacts excluent un départ volontaire.

Ce qui est peut-être le plus troublant, c'est le timing. Celui ou ceux qui ont enlevé ces femmes savaient que la nuit du bal de fin d'année offrirait une couverture parfaite. Les parents s'attendaient à ce que leurs enfants rentrent tard. Les amies comptaient sur des plans flexibles. La fenêtre de vulnérabilité était étroite, et quelqu'un en a tiré parti avec précision.

Trois décennies de silence

La mère de Sherrill Levitt, qui passa les dernières années de sa vie à chercher des réponses, mourut en 2017 sans en avoir obtenu. Les parents de Stacy McCall ont enduré des décennies d'incertitude, une cruauté particulière que les experts jugent souvent pire qu'une perte confirmée.

La police de Springfield maintient un dossier actif sur l'affaire. En 2019, elle annonça que la technologie ADN avait suffisamment progressé pour permettre un réexamen des anciennes preuves. Mais sans corps, sans scène de crime principale et sans aveux, la voie à suivre reste obscure.

La maison de la rue East Delmar est toujours debout. Elle a changé plusieurs fois de propriétaires, chaque nouveau venu héritant du poids de son histoire. Les voisins y jettent encore un regard en passant, se souvenant de ce matin d'été où trois femmes ont disparu, emportant avec elles le sentiment de sécurité de toute une ville.

Si vous disposez d'informations sur la disparition de Sherrill Levitt, Suzanne Streeter ou Stacy McCall, contactez la police de Springfield ou le bureau local du FBI à Kansas City. Quelqu'un, quelque part, sait ce qui s'est passé dans la nuit du 6 juin 1992.

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